Projet Artistique

 

Depuis les mobiles de Calder jusqu’à la création d’un « Art volant », les artistes du XXI ème siècle considèrent l’air comme un médium artistique. Il y a dans cette substance transparente et impalpable la possibilité de rejoindre l’une des missions de l’Art contemporain, celle de rassembler l’Art et la vie. Par cette matière qui n’est la propriété d’aucun,  je tente d’explorer le rapport entre l’homme et l’environnement et d’intégrer mes créations dans la problématique de l’époque.  Ma finalité étant de partager mon désir insatiable de liberté…

Mon projet artistique est « la Poétique de l’Air » ; l’imagination(*) est au service de la présentation. Elle invite au voyage et propose la rêverie inhérente au véritable sens vital. Cette recherche propose une lecture de l’interaction de l’élément naturel avec la place qu’il occupe dans l’art post-moderne actuel.

« Dans l’espoir d’une liberté sans fin je me laisse emmener sans réserve par cet élément incontrôlable. Dès lors je quitte le lieu, celui qui me caractérise, me destine et me limite. Je ne possède rien mais rien ne me possède. Je viens de je ne sais où et ne me rends nulle part, j’investis l’espace tout entier. Je suis en suspens dans l’infini de l’ailleurs. Je suis un parfum, un éther, un écho, …..Je suis libre dans le lâcher prise, dans l’abandon de soi, j’erre sans douleur, sans effort et sans arme. Je vis la permanence de l’impermanence qui se veut audacieuse, forte, hasardeuse,  passionnelle et davantage…. »

Quoi de plus déroutant que de donner corps à une matière aussi insaisissable que l’air…

*  « Comme beaucoup de problèmes psychologiques, les recherches sur l’imagination sont troublées par la fausse lumière de l’étymologie. On veut toujours que l’imagination soit la faculté de former des images. Or elle est plutôt la faculté de déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images. S’il n’y a pas changement d’images, union inattendue des images, il n’y a pas imagination, il n’y a pas d’action imaginante. Si une image présente ne fait pas penser à une image absente, si une image occasionnelle ne détermine pas une prodigalité d’images aberrantes, une explosion d’images, il n’y a pas imagination. Il y a perception, souvenir d’une perception, mémoire familière, habitude des couleurs et des formes. Le vocable fondamental qui correspond à l’imagination, ce n’est pas image, c’est imaginaire. La valeur d’une image se mesure à l’étendue de son auréole imaginaire. Grâce à l’imaginaire, l’imagination est essentiellement ouverte, évasive. Elle est dans le psychisme humain l’expérience même de l’ouverture, l’expérience même de la nouveauté. Plus que toute autre puissance, elle spécifie le psychisme humain. Comme le proclame Blake :  » L’imagination n’est pas un état, c’est l’existence humaine elle-même 1.

1.William Blake, Second Livre prophétique, tard. Berger, p. 143.

{Gaston BACHELARD, L’air et les songes : essai sur l’imagination du mouvement, Introduction, Paris : Librairie José Corti, 1943, pp. 5 et 6}

 Attitude artistique

Articuler mon travail avec mon époque, utiliser les moyens actuels pour y parvenir, proposer des réalisations en adéquation avec le projet artistique, respecter mes convictions, ma personnalité, ma spécificité, faire fi des modes et des tendances, constituent l’essence même de mes intentions. L’art lyrique et pulsionnel  fait place à la réflexion, à l’idée, au genre. J’investis l’abstrait, le détournement et l’informe métaphorique.

Cette démarche implique l’esprit au premier degré, il faut mûrir une idée. Seule la « spiritualité »  peut donner corps à une réalisation. Léonard de Vinci disait  » la pittura e cosa mentale ». La beauté, critère prédominant dans de nombreux mouvements artistiques  fait place au questionnement,  la problématique de l’esthétique est  inexistante mais elle n’est toutefois pas exclue.

J’explore la métaphore et utilise la personnification dans le but d’apporter de la délicatesse et de la douceur dans mon travail mais pas exclusivement.  Par cet usage, j’implique le regardeur visant à le rendre réceptif, interrogatif, connecté, si toutefois ce dernier se veut sensible.

Mon évolution artistique fait place à une pratique qui n’exclut pas la peinture, mais qui ne l’utilise plus en tant que telle comme seul moyen d’expression.

L’air,  matière naturelle par excellence, se trouvera utilisé indifféremment et ultérieurement dans des vidéos, des performances, des installations…

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